Kossi, volontaire togolais pour le lycée technique agricole d'Ina au Bénin

A Ina au Bénin, Kossi s'est engagé comme volontaire de solidarité internationale : il apporte son expertise pour le lycée technique agricole de la ville.

17/09/2021

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je me nomme Kossi KINI, togolais, je suis biologiste et agronome de métier. Avant cette mission en tant que volontaire de solidarité internationale (VSI), j’enseignais dans les lycées et je faisais des études universitaires.

Mes études universitaires effectuées au Togo, au Burkina Faso, au Bénin et France sont respectivement sanctionnées par : une licence en biologie et une maîtrise de science en gestion de l’environnement, un master en agronomie/agroécologie, un post-master en recherche scientifique et un doctorat/PhD en agronomie tropicale obtenu en 2015 à l’Université de Montpellier.

Pourquoi avoir choisi le volontariat ? Quelles étaient tes motivations ?

John Wooden, un entraîneur universitaire américain disait : « Ne laissez pas les choses que vous êtes incapable de faire nuire à celles que vous pouvez accomplir ». En effet, après une thèse de doctorat, le projet professionnel était normalement de faire un post-doctorat pour ensuite intégrer l’enseignement supérieur et/ou la recherche scientifique. Mais certaines circonstances n’ont pas fait de ce rêve une réalité. Ainsi, dans mes recherches d’autres opportunités d’insertion professionnelle, j’ai une la chance de tomber sur une formidable mission de VSI à valeur hautement humaine et citoyenne. Sans hésitation, j’ai postulé en me disant que c’était une opportunité de faire d’une pierre deux coups : évoluer dans le secteur de l’enseignement agricole tout en étant volontaire.

Sur le plan personnel, j’ai toujours été motivé par la volonté de me mettre au service des autres, de m’intéresser et me dévouer à autrui. J’ai un ami qui me disait souvent « l’altruisme est ton second nom ». Par exemple, après le bac, je regroupais les jeunes élèves de mon quartier et de l’église pour les aider à faire leur devoir de maison et à réviser avant les examens. A l’université, je collectionnais les anciennes épreuves et les mettais à dispositions des premières années. Pour les causes environnementales, je me suis engagé bénévolement avec l’ONG Jeune Volontaire pour l’environnement (JVE). Pendant une année, nous avons sensibiliser les écoliers sur les enjeux environnementaux dans des collèges au Togo. Et pendant mes années de thèse, je me suis engagé avec AFEV France/Montpellier pour l’accompagnement des enfants et des jeunes en difficulté, la création du lien social dans les quartiers et la lutte contre les inégalités. Cette mission en VSI est donc une suite logique de mes engagements. Ayant été boursier durant une grande partie de mes études universitaires, j’ai pris la résolution d’apporter mes connaissances à une cause d’intérêt général, car « il restera toujours un peu de parfum à la main qui donne des roses ».

Peux-tu nous présenter ta structure d’accueil ?

Ma structure d’accueil est le Lycée Technique Agricole (LTA) d’Ina. Il s’agit d’un établissement de formation technique agropastoral créée en 1962. Il se situé sur la voie principale Parakou- Malanville et est implanté au sein d’une zone à forte production agricole. Le Lycée Technique Agricole d’Ina offre des formations professionnelles initiales et continues dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire et bientôt du machinisme agricole.

Tu nous parles de ta mission ?

Ça fait plus d’un an et demi que je fais cette mission d’assistance technique. Il s’agit appuyer l’équipe administrative et pédagogique à la mise en œuvre du projet DEFI-Pro (Développement de l’Enseignement technique, de la Formation et de l’Insertion Professionnelle) au Bénin. Le projet, financé par l’Agence française de développement (AFD), vise à la modernisation de l’enseignement technique agricole au Bénin. L’idée est de faire du LTA Ina, un Lycée Technique Agricole Moderne de Référence (un LTAMR) qui s’intègre parfaitement dans son environnement économique et sociale.

En tant que VSI, j’appuie l’équipe administrative et pédagogique du LTA Ina pour le renforcement du système de formation Technique et Professionnel Agricole. L’une de mes principales tâches est d’appuyer à l’ouverture future au LTA Ina d’une nouvelle filière de formation des jeunes béninois en maintenance et exploitation des machines agricoles.  

Dans la pratique, j’interviens pour l’appui à :  

  • La mise en production des surfaces cultivables et de l’élevage ;
  • La définition des référentiels d’emploi et curricula en appui à l’Institut d’ingénierie chargé de la conception des programmes ;
  • Au perfectionnement technique des professeurs et formateurs de l’établissement, auxquels sont associés les formateurs des autres LTA ;
  • L’installation des équipements et à l’élaboration et mise en œuvre des procédures de maintenance ;
  • Au développement de partenariats avec des structures de transformation de la zone géographique ;
  • La gestion des approvisionnements ;
  • L’exploitation des laboratoires (analyse des sols, choix des cultures, des engrais) ;
  • La mise en place d’un centre incubateur ;
  • La mobilisation et à l’installation des équipements et bâtiments de production Agropastorale et à l’élaboration et mise en œuvre des procédures de leur maintenance ;
  • L’étude, diagnostic et à la rédaction et réalisation d’un Projet d’Etablissement (PE) ;
  • L’élaboration d’un manuel de procédures administratives et pédagogiques du Lycée.

Quelles ont été premières impressions à ton arrivée au Bénin ?

J’avais déjà vécu au Sud Bénin, donc je parlerai plutôt de mes impressions à mon arrivée au Nord du Bénin. Toute de suite, je me suis senti chez moi, j’ai été agréablement marqué par la gentillesse et le sourire naturel désintéressé de la brave population des communes du Borgou. L’ambiance au sein du lycée et le contact avec des enseignants dévoués et des apprenants motivés m’a encore confirmé qu’effectuer cette mission est une bonne idée. 

Le contact avec la végétation, le sol frais des champs après avoir été labouré, les chants des oiseaux dans les vergers de manguier, la fraicheur sous les anacardiers, le calme dans les plantations de teck associé à la pureté de l’air … m’a immédiatement guéri de ma dépression.

Qu’est-ce que cette expérience de volontariat t’apporte ?

« Qui commence à être utile aux autres, commence à l’être à soi-même ». Avec cette mission de volontariat, je développe des compétences et j’acquière de l’expérience qui seront valorisantes sur un CV.  

Cette mission est une véritable aubaine qui me permet de mettre en valeur mes compétences acquises toute au long de mon parcours universitaire. Je me sens valorisé en participant à la réalisation d’un tel projet en collaborant de façon égalitaire avec d’autres assistants techniques internationaux très compétents et expérimentés auprès de qui j’apprends énormément.

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Après cette mission de volontariat, une autre mission ou prestation d’assistance technique avec France Volontaires ou une association partenaire serait la bienvenue. J’aimerais évoluer dans le secteur humanitaire en tant que chargé de mission pédagogique agronomie-écologie et développement durable.

Sur le long terme, je rêve de continuer la collaboration avec France Volontaires pour continuer à promouvoir le volontariat, et un jour, être au service de la communauté comme représentant national de France Volontaires dans un pays en Afrique de l’Ouest.

Un conseil aux futurs volontaires ?

Être volontaire, c’est se mettre au service des autres, c’est aussi avoir l’opportunité de se former, de se spécialiser autour d’un sujet qui peut nous permettre d’atteindre un niveau d’expertise. Avec le volontariat, « on ne perd jamais, soit tu gagnes, soit tu apprends ».