Leila en VSI à La Route des Chefferies à Bafoussam

Leila, 48 ans, est chargée de développement touristique pour l’office régional de tourisme de l’Ouest Cameroun et pour le programme Route des Chefferies. Bénévole dans de nombreuses associations depuis toujours, elle a travaillé comme responsable développement dans une association de lutte contre le cancer puis comme responsable humanitaire dans une association de solidarité internationale avant de partir au Cameroun. Découvrez son expérience !

25/04/2022

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

J’ai 48 ans, maman de trois grands enfants, originaire d’un peu partout mais établie en Haute-Savoie non loin de Genève depuis 15 ans. J’ai une licence de géographie, un master en tourisme et j’ai suivi plusieurs formations en fundraising, webmastering éditorial, gestion de projets…

J’ai fait carrière essentiellement en tant que chef de projet événementiel à la fois dans des structures touristiques mais également en tant qu’auto-entrepreneure pour des réseaux essentiellement dans la protection de la biodiversité. J’ai terminé ma carrière dans le tourisme en tant que directrice de l’Office de tourisme intercommunal de la Vallée d’Aulps (74).

Bénévole dans de nombreuses associations depuis toujours, je me suis ensuite réorientée vers les structures associatives et ai travaillé comme responsable développement dans une association de lutte contre le cancer puis comme responsable humanitaire dans une association de solidarité internationale avant de partir au Cameroun.

Pour quelle(s) raison(s) ce projet d’engagement ?

Une envie très lointaine, depuis mes études, de partir travailler à l’étranger, avoir une expérience d’expatriation pour voir d’autres choses, vivre d’autres façons de travailler, confronter mes idées sur le monde avec la réalité de celui-ci…

Quelle est ta mission en tant que volontaire ?

Je suis chargée de développement touristique à la fois pour l’office régional de tourisme de l’Ouest Cameroun et pour le programme Route des Chefferies. Mon travail consiste à développer les opportunités d’aménagement touristique au sein des collectivités territoriales (communes, Région), et au sein des chefferies : élaborer des diagnostics, des storys boards, suivre le développement de la communication, la promotion, la commercialisation des séjours, faire en sorte que l’Ouest Cameroun soit connue et reconnue comme une vraie destination touristique, que les prestataires touristiques et les artisans montent en compétence pour adapter leur prestations aux différentes cibles de clientèle.

Qu’as-tu appris/transmis ?

J’ai appris à travailler autrement : avec patience, avec fatalité… Le rythme est beaucoup plus lié aux contraintes des uns et des autres qu’aux contraintes du travail. Les choses avancent tout doucement… Et avec un travail géré essentiellement via Whatsapp, des sollicitations à toute heure du jour et de la nuit, n’importe quel jour. Le Cameroun est le pays où l’on apprend la patience…

J’ai essayé de transmettre mes compétences en ingénierie touristique et ma vision de l’aménagement durable des espaces, de prévenir les collectivités et autres investisseurs des difficultés que nous retrouvons aujourd’hui en France et qu’il serait bon d’éviter de reproduire (sur fréquentation des espaces, conflits d’usage, plan de gestion absent…), de faire en sorte d’adapter les séjours et les prestations proposées aux cibles recherchées, qui ne sont pas forcément internationales mais sont aussi toutes proches.

Une anecdote à nous raconter ?

Un embourbement magnifique en allant faire un repérage pour une excursion. La saison des pluies avait été fatale au chemin d’approche et impossible de sortir le 4X4 de la boue. Heureusement tous les villageois du coin sont arrivés et au prix d’un formidable bain de boue collectif, la voiture a été dégagée. Nous avons alors décidé de ne proposer cette excursion qu’en saison sèche…

Autres partages d’informations concernant la situation actuelle … ?

Les camerounais de l’Ouest étant très fatalistes et croyant fortement en leur médecine traditionnelle, ils sont très peu enclins à paniquer ou à se protéger vis-à-vis de la maladie. Ils portent donc le cache-nez parfois obligatoire (masque) plutôt comme un cache-menton…

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée (mal du pays ? intégration ?)

J’ai été tout de suite très bien accueillie et très vite mise dans le bain par mon directeur. Il m’a amené au marché, m’a présenté à toutes les personnes autour de chez moi qui pouvaient m’aider… Et il y avait déjà trois stagiaires français dans la structure donc l’adaptation a été très facile. Et au moment où les trois stagiaires sont partis j’ai récupéré une colocataire camerounaise avec qui je m’entends très bien et qui me facilite la vie par certains aspects et cela évite que je me sente seule. Bref, je n’ai pas ressenti le mal du pays et j’ai pu m’adapter très vite aux codes locaux. J’appelle souvent mes proches grâce à Whatsapp et je suis rentrée en France en décembre donc pas de souci.

Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées ?

La relation homme-femme est très différente et la drague est permanente, le mariage est proposé très vite et c’est parfois très insistant. Au début, pour une femme de 48 ans, c’est très flatteur… mais à la longue cela devient très lourd… Beaucoup de discussions avec les collègues tournent autour de ces questions et il est difficile de les éviter.  Cette question devrait mon sens être mieux abordée lors des réunions de préparation au départ parce que cela peut être facilement subi comme du harcèlement.

Pour toi, qu’est-ce que l’Espace Volontariats ?

C’est un espace d’information avant tout mais également d’échanges entre volontaires. Je pense que cela sert surtout pour ceux qui ont besoin d’informations de type administratives, culturelles… et pour ceux se sentent seuls, qui ont besoin de se retrouver parfois avec des personnes de même culture.

Un conseil aux futurs volontaires ?

Prendre les choses comme elles viennent et avec philosophie…