Louis, volontaire en service civique et assistant de français au Vietnam

Assistant de français au lycée à option Thai Nguyen envoyé par le Service de Coopération au Développement (SCD), Louis est arrivé au Vietnam en octobre dernier et poursuit sa mission de service civique jusqu’en juin prochain. Découvrez son récit de mi-parcours à l’occasion de la fête de la francophonie à Hanoï où Louis est venu avec certains de ses élèves pour présenter sa mission et ses activités sur le stand de l’Espace Volontariats Vietnam.

21/03/2019

Aujourd’hui, j’ai 23 ans et je suis étudiant en gestion à Paris. Avant, j’ai fait deux ans de prépa littéraire. Je fais actuellement une année de césure entre mon Master 1 et mon Master 2. Pourquoi ? J’avais juste envie de voyager, envie d’ailleurs ! J’étais prêt à faire un service civique pour cette première expérience à l’étranger.

Pour être plus précis, c’est avec ma copine Capucine qu’on voulait partir quelque part à l’étranger ensemble mais on ne savait pas vraiment où : l’idée, c’était que le premier qui trouvait quelque chose, l’autre le suivait. J’ai trouvé cette mission qui me plaisait et elle m’a suivi, et travaille comme assistante de français dans la même ville en contrat local pour un centre de langues. Elle ne vit pas le volontariat comme je le vis c’est sûr, mais nous sommes ensemble et c’est l’important.

Je suis donc en mission de service civique au lycée à option de Thai Nguyen, à environ 2h30 de Hanoï. Mes interlocuteurs principaux dans ma mission sont l’équipe pédagogique, le SCD et France Volontaires (Xavier, le volontaire chargé de com’). J’ai une relation de travail vraiment saine et agréable avec l’équipe du lycée. Ça fait cliché de dire cela, mais on va vraiment de l’avant ensemble et c’est ce qui importe. C’est cliché aussi, mais je crois que notre génération a besoin de se sentir utile et avec cette mission, j’ai l’impression d’élever les gens et d’apprendre des choses d’eux en même temps. Je dois aider les élèves dans leur apprentissage du français. Je suis en soutien à une équipe géniale de 5 profs de français qui me laissent vraiment prendre des initiatives et faire de chose. Par exemple, j’aide les meilleurs élèves à préparer les concours nationaux et régionaux en langue française (DELF B2). Les élèves, je les pousse et les encourage en leur disant de faire ce qu’ils veulent vraiment faire et de s’écouter avant tout. Je tâche de leur montrer qu’il existe toujours un autre moyen, une autre solution pour faire ce à quoi on aspire.

J’adore parler avec eux et avec les professeurs et j’arrive maintenant à parler un peu vietnamien, ce qui était vraiment important pour moi. Dès le début, tout le monde a été accueillant avec moi et on m’a laissé beaucoup de liberté. Le plus dur au début, c’était l’enseignement puisque je n’avais jamais enseigné auparavant mais très vite j’ai trouvé les ressources et les outils. La communication aussi : je me souviens qu’au début, à Thai Nguyen, je me baladais avec ma méthode de vietnamien sous le bras et je montrais les phrases et mots aux gens pour m’exprimer mais j’ai fait beaucoup de progrès depuis ! Ce qui m’a le plus surpris en réalité c’est cette promiscuité entre les profs et les élèves : tout le monde m’a ajouté sur Facebook avant même que j’arrive au Vietnam ! C’est assez dur de s’adapter à ces normes relationnelles qui sont vraiment différentes. A chaque fois que les élèves ou les profs m’invitent chez eux à manger à l’occasion d’une fête, on m’assoit et on ne me laisse pas aider pour la cuisine ou autre. On veille souvent à ce que je ne manque de rien, surtout pas de bières…

Je trouve que les élèves sont très motivés pour apprendre le français en grande partie parce que beaucoup voudraient faire des études en France plus tard ou faire carrière dans un métier en lien avec le français. Je ne connais pas l’état de la francophonie au Vietnam et même si je pense que l’anglais est à la mode, je dirais que les élèves qui suivent des cours de français sont vraiment motivés, voire passionnés, par non seulement la langue mais aussi la culture. Le français n’est pas une langue morte au Vietnam ! Faire du français est bien vu socialement et, personnellement, je pense que c’est aussi un moyen de voyager et de découvrir d’autres cultures et d’autres littératures.

A mon retour en France dans quelques mois, je souhaite bien sûr continuer mon master « gestion des organisations culturelles » à Paris mais j’aurais bien envie de revenir au Vietnam pour travailler par exemple si j’ai l’opportunité de le faire.

Petit message aux candidats français au volontariat au Vietnam : apprenez un peu de vietnamien, c’est toujours utile pour s’adapter et toujours bien vu.

Une petite anecdote pour finir : je suis allé dans un restaurant peu après mon arrivée à Thai Nguyen, des clients que je ne connaissais pas m’ont invité à boire beaucoup (beaucoup). Le cours qui a suivi a été compliqué… mais j’ai appris de cette expérience et je fais attention depuis. Ah oui autre chose : les étudiants devaient faire des exposés pours un cours. C’était amusant de voir comment la cigarette et les tatouages par exemple étaient présentés comme un mal absolu alors qu’en France on fume beaucoup et de plus en plus de gens se font des tatouages.

Pour plus de renseignements, contactez l’Espace Volontariats Vietnam : par mail ev.vietnam@france-volontaires.org