Maurane, VSI en mission auprès de jeunes entrepreneurs ivoiriens

Pendant 2 ans, Maurane s'est impliquée dans un incubateur pour apporter son expertise et ses compétences au profit de jeunes entrepreneurs notamment dans le secteur du cacao. Entre changement de stratégie de l'association et développement de nouveaux projets, découvrez comment Maurane a su tirer profit de sa mission de volontariat.

28/01/2022

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Après une formation en aménagement et développement territorial (option maitrise de projets) aux Universités de Bordeaux et de Nantes, je me suis par la suite orientée vers une mission de service civique de 10 mois au SIAD Midi-Pyrénées. Le SIAD est une association française qui accompagne les porteurs de projet issus de la diaspora africaine dans la réalisation de leurs projets associatifs et/ou entrepreneuriaux. Ma mission comportait deux volets, le premier étant l’organisation d’un événement de promotion des projets accompagnés et le deuxième étant le suivi et la mise en place de partenariats. Dans le cadre de cette recherche de partenariats, j’ai notamment recensé et contacté bon nombre d’incubateurs africains dont Incub’Ivoir.

Pourquoi as-tu voulu faire un volontariat à l’international ?

J’ai toujours été désireuse de travailler à l’étranger, et principalement en Afrique (sans pour autant avoir de pays de prédilection) et de contribuer à des projets de développement local. Dans le cas de ma mission de VSI, c’est l’entrepreneuriat qui était le levier de développement local. Par ailleurs, le volontariat m’est apparu comme un bon tremplin pour une première véritable expérience professionnelle d’autant que le cadre proposé par ce statut assure une certaine sécurité.

Peux-tu nous présenter ta structure d’accueil en Côte d’Ivoire ?

Incub’Ivoir est une association ivoirienne créée en 2016 et dont la mission est d’accompagner les jeunes entrepreneurs dans la concrétisation de leurs projets. En tant qu’incubateur, Incub’Ivoir forme et accompagne des profils variés dans les différentes étapes de maturation de leurs projets d’entreprise. En ce sens, différents programmes sont développés et proposés : initiation à l’entrepreneuriat, pré-incubation, incubation et accélération.

L’équipe d’Incub’Ivoir

 

Quelles ont été les différentes activités que tu as effectuées dans ton volontariat ? 

Mon VSI n’a pas été linéaire et mes missions ont évolué au fil du temps. Arrivée pour intégrer le pôle incubation de la structure, ma mission initiale a évolué au fur et à mesure des difficultés et opportunités rencontrées par Incub’Ivoir.

La première année de mon VSI, ma mission était axée sur les dispositifs d’accompagnement des entrepreneurs, à savoir l’incubation et l’accélération. J’ai notamment eu à concevoir et mettre en oeuvre des programmes de formation pour les porteurs de projet et entrepreneurs. A cela s’ajoute la supervision de l’accompagnement dispensé par mes collègues et par des coachs, ainsi que la contractualisation avec des formateurs externes.

Visite au Consulat de France avec une cohorte d’entrepreneurs

 

Les nombreux défis à relever tout au long de ces premiers mois nous ont amené à revoir la stratégie d’Incub’Ivoir et à développer de nouveaux projets pour le compte de bailleurs internationaux. Cela a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’association et, à titre personnel, cela a été l’occasion d’apporter ma contribution en termes de structuration, gestion et suivi de projets.

La prolongation de ma mission m’a permis d’assurer la coordination du projet « Mon Cacao Autrement » sur lequel nous avons travaillé en équipe depuis la fin de l’année 2019. Ce projet, toujours en lien avec l’entrepreneuriat, comporte une dimension terrain importante et se présente comme étant la première étape d’un projet bien plus vaste. Pour cette nouvelle initiative, qui s’intéresse au développement du secteur du cacao, nous sommes appuyés par la GIZ en tant que partenaire technique et financier.

De mars à novembre 2020, il m’a été donné de superviser l’ensemble des activités, de coordonner l’équipe de trois personnes mobilisées pour ce projet et d’effectuer des missions dans six villes de Côte d’Ivoire où nous avons réalisé nos ateliers de formation. Depuis la fin de ce projet, j’ai conservé l’étiquette de cheffe de projet, ce qui m’a conduite à réaliser le montage de la deuxième phase du projet avec la GIZ qui consiste à la mise en place d’un incubateur/accélérateur agricole et à la réalisation de nombreuses actions de promotion de l’entrepreneuriat à travers le pays. En parallèle, j’ai eu à répondre à des appels à projet et appels d’offres, toujours en lien avec le nouveau positionnement d’Incub’Ivoir.

Atelier d’idéation lors du projet Mon cacao Autrement

 

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée ?

Il se trouve que je connaissais déjà un peu la Côte d’Ivoire, et notamment Abidjan, puisque j’y avais effectué un stage de trois mois en 2017. Grâce à cette première expérience et aux contacts que j’avais conservé sur place, l’intégration n’a pas été trop compliquée.

Quelles ont été tes relations avec France Volontaires Côte d’Ivoire ?

Pour ce qui est des échanges avec l’équipe de France Volontaires Côte d’Ivoire, il faut avouer que la présence d’une VSI communication a permis de fluidifier les échanges par mail. On peut notamment citer deux périodes lors desquelles sa réactivité a été rassurante et primordiale pour les volontaires : l’épidémie Covid et la période électorale lors de laquelle il a fallu fournir des renseignements au GIGN en vue d’un éventuel rapatriement.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut faire du volontariat ?

Si le projet/la mission correspond à vos aspirations professionnelles et que vous vous sentez prêt.e pour une immersion totale dans une culture différente, alors le volontariat sera une expérience enrichissante !