Miryam, volontaire en service civique pour l’ONG Act for Children en Côte d’Ivoire

Envoyée par la ville de Saint-Denis, Miryam a effectué une mission de service civique de 3 mois à Abidjan en Côte d’Ivoire avec l'association Act for Children. Elle témoigne.

26/03/2019

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Miryam, J’ai 24 ans, je réside en région parisienne mais j’ai vécu 3 merveilleux mois en Côte d’Ivoire à Abidjan, en tant que volontaire référent des cours d’alphabétisation et chargée de communication.

Littéraire de formation, j’ai fait une grande partie de ma scolarité dans des zones prioritaires. Ce cadre m’a permis de me sensibiliser à la nécessité d’une égalité face à l’éducation. J’ai fait des études assez longues sans concrétiser cette volonté d’engagement dans une lutte ; ce que j’ai vécu durant ma mission de service civique m’a permis d’agir pour de vrai en arrêtant, pour un temps, simplement de lire.

Peux-tu présenter ta structure d’accueil ?

L’association avec laquelle j’ai travaillé s’appelle Act for Children. Créée à l’origine par un groupe d’étudiants, elle veille à défendre les droits des enfants et, plus particulièrement, à combattre les inégalités sociales face à l’éducation des populations en marge de la société, pour empêcher le phénomène des enfants de rue et l’exclusion de la société d’une population adulte.

L’activité en cours est le « Projet Espoir ». Il a d’abord pour but d’apprendre à lire et à écrire à des enfants déscolarisés ou jamais scolarisés. Le but est d’insérer ces enfants dans le cursus formel. Ce travail s’accompagne d’un intérêt pour l’éveil culturel et sportif nécessaire à l’accomplissement de tout individu. Enfin, les actions visent aussi un public adulte, majoritairement féminin, auquel nous transmettons aussi les bases de la langue française et avant tout la fervente croyance que l’âge n’est pas un frein à une volonté de connaissance et d’indépendance. En parallèle, il y a des formations de micro-entrepreneuriat en réponse aux nécessités économiques de ces femmes.

Pourquoi as-tu voulu faire un service civique ? Et pourquoi en Côte d’Ivoire ?

J’avais une période de libre entre la fin de mes études et la prise de fonction de mon poste de professeur en lycée. Je voulais partir de France, mais au-delà de ça, je voulais m’investir dans une cause spécifique. Le service civique permet de mettre en avant ses compétences tout en continuant à en développer d’autres pendant la mission. C’était aussi pour moi un moyen d’ouvrir une porte dans le milieu de l’associatif. Je suis personnellement très intéressée par l’histoire et la culture de l’Afrique de l’Ouest. Je pensais d’abord au Sénégal, puis j’ai vu cette annonce pour Abidjan que je ne connaissais pas en profondeur, et j’ai appris à l’aimer, sans regret.

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris en arrivant en Côte d’Ivoire ?

En sortant de l’aéroport je me souviens de deux choses : voir les personnes déambuler de partout en parlant fort et surtout de très bien percevoir le son les oiseaux.

Autrement dit, ce qui m’a le plus surprise c’est la vie perpétuelle des personnes dans les rues qui sont toujours très vivantes, la musique, le show, c’est encore plus beau quand on découvre que c’est une vie généreuse. Et puis à côté, on entend les oiseaux. Le plus fascinant, c’est le mélange entre ces deux univers : un espace urbain animé, bruyant et le rappel d’une nature encore présente.

Peux-tu nous décrire le plus beau moment que tu as vécu en Côte d’Ivoire ?

C’est très dur de trouver qu’un seul beau moment. Je parlerai de deux.

Le premier, à l’ouest du pays à San Pedro, j’étais en vacances avec des amies volontaires également rencontrées là-bas et c’est dans un maquis (les espaces de restauration et de consommation de boisson en Côte d’Ivoire) sur la plage, certainement la plus belle de Côte d’Ivoire, au coucher du soleil, que je me suis juste dit qu’il ne me fallait rien de plus.

Le deuxième est la séance de cours où les femmes ont écrit pour la première fois leur prénom, on s’est toutes applaudies en pleurant d’émotion.

Est-ce que tu as connu des difficultés quelconques ?

J’ai eu un peu de difficulté à me faire aux conditions sanitaires du quartier précaire dans lequel je travaillais. Finalement le temps est passé, on apprend à s’adapter et je n’appréhendais plus du tout le lieu. Finalement, j’ai surtout eu du mal à quitter le pays quand la mission a pris fin !

Selon toi, quel est l’impact du volontariat sur les projets que tu mènes ?

Le fait d’être en volontariat m’a permis de rentrer très vite en contact avec un réseau de volontaires qui travaillent dans divers domaines, ce qui peut être aussi bénéfique pour créer des liens avec nos associations respectives, cela permet de créer des partenariats potentiels ou d’apporter de la visibilité, ce qui manque cruellement à certaines structures. Aussi, être volontaire nous donne la possibilité selon moi, de mener plusieurs projets assez polyvalents.

Qu’est-ce que France Volontaires t’a apporté ou peut apporter aux volontaires ?

France Volontaires permet d’avoir un lieu repère ce qui est très utile au début de la mission lorsque nous arrivons dans un nouveau pays d’accueil. France Volontaires en Côte d’Ivoire, c’est aussi un espace où il fait bon d’aller, pour travailler, saluer les divers représentants de la structure ou croiser d’autres volontaires.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut faire du volontariat ?

Je lui dirais de s’écouter : il faut être attentif à ses besoins et ne pas s’en vouloir s’ils diffèrent dans un premier temps des usages du pays dans lequel on se trouve. A mon sens c’est en étant bien ancré à soi-même qu’on arrive à s’épanouir, autant professionnellement que personnellement, dans un pays. Je lui dirais aussi d’allier et surtout d’arriver à réunir, la vie locale à celle du milieu des expatriés, car pour ma part cela a été possible. Et enfin je lui conseillerais en tant que volontaire d’être riche de propositions et d’idées durant la mission.

Et pour la suite, qu’envisages-tu de faire ?

Je ne sais pas s’il y aura des missions futures dans un tel cadre comme celui du service civique à l’international tel que je l’ai vécu, mais j’aspire à me mettre en relation avec des associations qui travaillent autour de la problématique de la migration et des migrants.

Pour plus de renseignements, contactez France Volontaires en Côte d’Ivoire :par mail ev.ci@france-volontaires.org