Nicolas, en mission pour développer l’apprentissage du français à Battambang

Depuis novembre, Nicolas est Volontaire de Solidarité Internationale envoyé par France Volontaires à l’Université de Battambang. Professeur de Français Langue Etrangère, il est notamment chargé de mettre en place une licence de français professionnalisante et de former les professeurs de français cambodgiens. Lumière sur une mission innovante, qui a vu le jour grâce à la coopération de multiples acteurs institutionnels et associatifs, français et cambodgiens.

04/02/2020

PRESENTATION

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nicolas Bourlon, 26 ans, né d’un père lorrain et d’une mère bretonne (comme Victor Hugo, mais la ressemblance s’arrête là). Ces dernières années, j’ai travaillé comme professeur de français pour des étrangers voulant devenir frenchy, et j’apprécie ce métier. Sinon, j’aime avoir des projets, l’histoire, les sciences, la politique et le moindre petit moment passé avec mes amis.

  • Pour quelle(s) raison(s) as-tu décidé de partir en volontariat au Cambodge ?

Ce n’est pas tant moi qui ai choisi que le hasard : la destination en effet importait peu car je souhaite partir partout. C’est le travail qui m’a fait venir à Battambang. Je ne connaissais pas vraiment le volontariat, et je dois dire que c’est une sensation agréable que de travailler pour l’intérêt du plus grand nombre.

LA MISSION

  • Tu travailles notamment pour l’Adepase et pour la filière francophone de l’UBB. Peux-tu nous présenter ces acteurs et les liens qu’ils entretiennent ?

Tout ceci est en effet assez complexe…

L’Adepase est une association liée à l’Université de Toulouse qui souhaite développer la psychologie en Asie du Sud-Est. Ils veulent enseigner le français aux étudiants en psychologie de l’Université de Battambang pour que certains d’entre eux puissent poursuivre leur formation en France.

Ensuite, il faut préciser que je suis envoyé par France Volontaires, la plateforme du volontariat français qui travaille étroitement avec l’Ambassade de France au Cambodge. Cette dernière souhaite promulguer la langue française, et c’est elle qui m’a donné ma mission principale : mettre en place les structures adéquates pour former des professeurs de français cambodgiens dans la région de Battambang.

Vient ensuite l’Université de Battambang où je travaille. Ils souhaitent que je les aide à mettre en place une licence de français, afin de former des professeurs, mais aussi pour former les futurs professionnels de différents secteurs comme le tourisme, le commerce, la traduction ou la diplomatie.

  • Quelle est ta mission au sein de l’UBB ? Quelles actions réalises-tu ?

Comme je l’expliquais, j’ai trois missions principales :

  • Enseigner le français aux élèves de la licence de psychologie de l’UBB.
  • Mettre en place les structures qui formeront les futurs professeurs de français cambodgiens.
  • Mettre en place une licence de français professionnalisante au sein de l’UBB.

Concrètement, je donne pour l’instant 6 heures de cours de langue par semaine aux élèves de psychologie. Très prochainement, je vais aussi en donner aux élèves susceptibles de partir faire un échange universitaire en France, quelle que soit leur filière. J’enseigne aussi provisoirement à l’antenne de l’Institut Français de Battambang.

Concernant la licence de français, j’ai apporté des modifications au programme et je continue de le construire. L’objectif est qu’elle soit prête pour accueillir ses premiers élèves à la rentrée prochaine.

Enfin, je travaille sur d’autres tâches annexes comme préparer la fête de la francophonie à l’université ou mettre en place un partenariat avec l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).

Nicolas entouré des apprenants de langue à l’antenne de l’Institut Français de Battambang

  • Quelles sont tes attentes par rapport à cette mission ? Qu’est-ce que celle-ci peut t’apporter, selon toi ?

D’un point de vue personnel, j’espère acquérir les compétences qui me manquent pour servir mon ambition, à savoir rigueur et confiance en moi. Je pense être un entrepreneur dans l’âme. J’ai toujours 36 projets en tête mais rares sont ceux qui se réalisent… J’espère donc que cette expérience à Battambang me permettra d’aller au bout de ces projets.

Bien sûr, il y a aussi le CV. Je pense que cette mission formatrice me permettra de continuer dans cette voie et peut-être travailler dans les universités du monde entier.

L’INTERCULTURALITE

  • Quelles sont les différences qui te marquent le plus entre la France et le Cambodge ?

A mes yeux, la différence majeure entre la France et le Cambodge est l’inégalité entre leurs richesses… Plus que la culture, l’histoire, les goûts, je crois que c’est le revenu des Cambodgiens qui définit le plus leurs habitudes. Cela peut paraître accablant, et pourtant je pense que cela permet surtout de relativiser les différences culturelles. Cela m’amène à me questionner sur le racisme : la peur de l’autre ne serait-elle pas plutôt une peur de la pauvreté ?

LES MOTS DE LA FIN…

  • Si tu devais résumer ton expérience du volontariat à l’international (jusqu’à présent) en une phrase…

Voilà quatre mois que j’enseigne le français au bout du monde et la vie est belle.

  • Un conseil aux futurs volontaires ?

Apprenez la langue, faites preuve d’initiative et prenez-vous un scooter (et un casque) !

Visitez le site de l’Adepase.

Visitez le site de l’Université de Battambang.

Mission cofinancée par la région Occitanie