Pascal, volontaire de solidarité internationale au Maroc

À 60 ans, Pascal est parti en volontariat de solidarité internationale avec la DCC à Rabat. Il nous présente sa mission auprès des Ecoles catholiques au Maroc et nous en dit plus sur son expérience de volontaire.

22/01/2020

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Pascal, 60 ans, deux grandes filles de 26 et 27 ans. J’ai occupé différentes fonctions de management général dans les services, l’hôtellerie, le retail, l’enseignement et la formation. J’ai également une expérience de conseil en accompagnement du changement, management et organisation. Je suis aussi peintre à mes heures perdues.

Quelles ont été tes motivations pour partir en tant que volontaire ?

Il m’était difficile de répondre clairement à cette question avant mon départ, et je m’aperçois que je ne sais toujours pas y répondre aujourd’hui. Je peux juste dire que je ne regrette absolument pas ce choix. Sinon, pour donner une réponse plus concrète, je parlerais sans aucun doute d’un besoin d’ailleurs, de vivre autre chose, de travailler de façon plus désintéressée.

Avec quelle structure travailles-tu ? Peux-tu présenter ta mission en détails ?

Je travaille pour l’archevêché de Rabat. Je suis responsable administratif pour le Secrétariat général des Ecoles catholiques au Maroc (ECAM).

Je suis arrivé à Rabat le 5 mars 2019, sur une création de poste, pour prendre en charge les aspects administratifs et le pilotage économique des écoles. Avec les autres volontaires DCC et l’accord de notre partenaire, de nombreux chantiers visant à harmoniser et à développer le réseau des écoles ont ainsi été ouverts. En fait, la mission a beaucoup évolué depuis mon arrivée.

L’ECAM regroupe 13 écoles (préscolaires, primaire et collège) et deux centres de formation, ce qui représente plus de 12000 élèves, essentiellement marocains. La vocation de l’ECAM est de proposer un enseignement de qualité dans le cadre d’un projet éducatif ambitieux, visant non seulement à enseigner un  savoir aux enfants, mais aussi à en faire des citoyens du monde, responsables, curieux et ouverts aux autres. L’enseignement se fait en français et en arabe, selon le programme du ministère de l’Education Marocain. Plus de 99% du personnel des écoles est d’origine marocaine.

Un contexte de très forte concurrence et le modèle économique particulier de l’ECAM (frais de scolarité bas et excellente qualité de l’enseignement) nécessite de travailler quotidiennement avec les directeurs et leurs équipes, pour mieux maîtriser les différentes dimensions de management d’une école : la pédagogie, le financier, le commercial, les RH et la communication.

Que signifie le volontariat pour toi ?

En m’adressant à la DCC, je pensais me retrouver dans un endroit perdu, à aider des gens, sans doute plus physiquement qu’intellectuellement ; j’ai donc été tenté de refuser la mission proposée. Puis, j’ai fait confiance à la DCC, la responsable des affectations savait forcément mieux que moi quels étaient les besoins du partenaire. Et puis, quand on est volontaire, on est volontaire quelle que soit la proposition.

Aujourd’hui, je constate que, quelle que soit la forme de son volontariat, quelle que soit la façon de le vivre, quel que soit son pays d’affectation, et quelle que soit sa mission, nous sommes tous partis loin de chez nous, parce que nous partageons des valeurs humanistes, le besoin d’aider l’autre, et l’envie de s’oublier un peu pour se mettre au service de ceux dont les conditions d’existence sont plus difficiles que les nôtres.

Peux-tu décrire en trois mots ton expérience de volontaire?

Plutôt que de parler d’expérience, je préfère parler des joies éprouvées, qui vont du regard des enfants à l’adhésion des personnels des écoles à ce que mettons en place, en passant par la relation avec les autres volontaires (l’entraide quand les coups de blues sont là), à la bienveillance du partenaire, à la découverte du Maroc, à  la rencontre avec une autre culture, et à l’obligation absolue de mettre ses certitudes de côté.

Je ne pense pas qu’il existe  deux volontaires qui vivent la même expérience, non seulement et encore une fois, les missions, les pays, les distances et les cultures ont une influence sur notre expérience, mais nos histoires personnelles, notre personnalité, et nos attentes façonnent également chaque expérience pour qu’elle soit particulière.

Ce que les volontaires ont en commun ? Des moments de joie et des périodes de découragement, des évènements qui nous montrent que nous avons fait le bon choix et d’autres qui nous donnent envie de rentrer, des moments plein et des moments où tout nous manque (la famille, les amis, nos habitudes).

En fait, le volontariat est une expérience riche qui marque, et peut-être nous transforme. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de partir, pas de condition d’âge, pas d’expérience ou de compétences, juste l’envie de s’engager  et la nécessité  de croire en soi.

En savoir plus :

Site de la Délégation catholique pour la coopération (DCC)