Perrine : engagée pour l’accès à l’eau et l’assainissement à Madagascar

Prête à quitter Madagascar après 2 ans et 3 mois de mission, Perrine nous partage ce qu’elle a vécu durant son engagement en tant que volontaire de solidarité internationale auprès de l’ONG Ran’eau. Intégration, défis et souvenirs… voici son témoignage.

11/05/2020

Quelques mots sur toi et ton parcours avant de t’engager à Madagascar ?

Je m’appelle Perrine Bouteloup, j’ai 26 ans et je suis volontaire de solidarité internationale à Antananarivo, en tant que chargée d’appui auprès de l’ONG Ran’eau. Ma mission touchant à sa fin, je m’apprête à rentrer en France malgré les circonstances actuelles un peu particulières.

Je suis diplômée d’une école d’ingénieur en Agro-développement international, l’ISTOM. Ce cursus a été ponctué de stages professionnels au cours desquels je me suis d’abord spécialisée dans la préservation de l’environnement, puis plus spécifiquement dans la gestion des ressources en eau. Avant cette grande expérience à Madagascar, j’avais ainsi appuyé en Martinique la réalisation d’une étude sur l’amélioration des contrats de territoire en lien avec la gestion de l’eau. J’ai ensuite effectué mon stage de fin d’études en Nouvelle-Calédonie autour de la mise en place d’une démarche participative pour la gestion intégrée de la ressource en eau.

Les différents dispositifs de volontariat me sont apparus comme une bonne opportunité de continuer à diversifier mes expériences professionnelles. Je me suis donc engagée dans une mission de service civique auprès de la Fondation Danielle-Mitterrand pour le développement du plaidoyer « eau et climat ». Ces expériences variées autour de la gestion de l’eau à travers ses différents usages m’ont conduite à Madagascar auprès de l’ONG Ran’eau, pour me concentrer davantage sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous. 

Quelle était ta motivation pour t’engager en tant que VSI ?

Ayant une formation axée sur les pays en zones tropicales, j’avais beaucoup entendu parler de Madagascar et j’avais très envie de découvrir le pays. La mission me correspondait et m’intéressait beaucoup, car elle alliait un travail axé sur de l’animation de réseau à un aspect plus technique, à travers la production de connaissances et de ressources sur l’eau et l’assainissement à Madagascar.

Dans le monde associatif et des ONG, le contrat de VSI est plutôt connu et offre un cadre sécurisant et favorable à l’expatriation. C’est un encadrement rassurant, surtout quand on est jeune et qu’on ne connaît pas trop les démarches administratives pour aller s’installer dans un autre pays.

Au-delà de ça, le contrat de VSI est intéressant en ce qu’il inclut une « structure d’envoi » et une « structure d’accueil ». Ma mission reposait donc sur une coopération équilibrée entre des acteurs français et des acteurs malgaches ; ce qui représentait pour moi un investissement dans le pays qui était vraiment différent de ce que j’avais pu connaître auparavant.

Peux-tu nous présenter ta structure d’envoi en France, et ta structure d’accueil à Madagascar ?

Le Programme Solidarité Eau (pS-Eau) est un réseau multi-acteurs français qui s’engage pour l’accès à l’eau et l’assainissement dans le monde. Il favorise l’implication de la coopération décentralisée non gouvernementale française dans des projets d’accès à l’eau et à l’assainissement à l’international. Dans certains pays, où les coopérations décentralisées françaises sont importantes, le pS-Eau met en place des points focaux : c’est le cas à Madagascar, à travers un partenariat technique et financier avec l’ONG Ran’eau.

L’ONG Ran’eau est un réseau d’acteurs qui interviennent sur le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène à Madagascar. Elle a pour but de collecter, de produire et de diffuser des informations sur ce secteur en vue de valoriser les bonnes pratiques et de contribuer à l’amélioration de l’accès à l’eau et l’assainissement à Madagascar.

J’ai donc été envoyée par le Programme Solidarité Eau pour faciliter les échanges entre les deux organismes : tant pour faire remonter les informations et actualités du secteur EAH (Eau, Assainissement, Hygiène) à Madagascar auprès des acteurs français impliqués ; que pour renforcer l’action et les activités de l’ONG Ran’eau dans sa mise en réseau des acteurs locaux, nationaux et internationaux qui travaillent dans ce secteur.

Comment ta mission a-t-elle évolué pendant ces deux ans à Madagascar ?

Les objectifs de ma mission ont beaucoup évolué au cours de ces deux ans. Au-delà des activités d’animation et de production de connaissance sur le secteur EAH à Madagascar, l’un des enjeux clés de ma mission a été l’autonomisation du réseau Ran’eau en une ONG de droit malgache. A mon arrivée à Madagascar, en 2018, le contexte autour du réseau Ran’eau était plutôt instable : nous avons donc modifié quelques aspects de ma mission pour les adapter aux besoins du moment. L’Espace Volontariats a été une source de stabilité pour la réalisation de ma mission. Aujourd’hui, Ran’eau est une ONG reconnue et autonome, composée d’une assemblée générale, d’un conseil d’administration et d’une équipe exécutive.

Ces deux ans ont donc été très enrichissants pour moi, car j’ai non seulement acquis de l’expérience sur l’animation de réseau mais également – ce qui n’était pas prévu au départ – sur la création d’une ONG et sa mise en fonction effective. Cela s’est notamment concrétisé par le recrutement d’un personnel local qui fait aujourd’hui tourner l’ONG. L’appui que j’ai apporté dans la construction de cette structure m’a beaucoup apporté en termes de compétences pour mes futurs projets professionnels. Après cette mission, je vais d’ailleurs rejoindre l’équipe du Ps-Eau à Paris pour travailler sur les projets du secteur de l’EAH spécifiques au Burkina-Faso !

La crise sanitaire actuelle a-t-elle eu un impact sur ta mission ?

Etant en fin de mission lors de la crise sanitaire, le contexte a simplement accéléré ma passation avec l’équipe exécutive de l’ONG basée à Madagascar. J’ai ainsi pris le temps nécessaire pour rédiger des documents de capitalisation sur mon travail. Sur un niveau plus personnel, je dois avouer que dans le contexte actuel de confinement et de respect des mesures sanitaires, cette fin de mission a été assez frustrante et il m’a été plus difficile de me détacher de ma vie à Antananarivo, de mon travail et des liens que j’ai tissés ces deux dernières années. Après mon retour en France, je continuerai à suivre l’actualité et l’évolution de la situation à Madagascar… et j’espère bien revenir un jour pour retrouver les belles relations que j’ai construites ici !

Que retiendras-tu de cette expérience à Madagascar ?

Quelle expérience ! Madagascar est un pays magnifique, il y a tant à découvrir ! J’ai beaucoup appris en termes d’interculturalité. Ce que je retiendrai, c’est qu’il faut savoir prendre le temps pour construire des relations de confiance réciproque, tant dans le milieu personnel que professionnel. L’équipe de l’Espace Volontariats a été d’un grand appui pour faciliter mon intégration et m’aider à comprendre la culture locale. Un grand merci à eux pour ce soutien !

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