Portrait de Quentin, stagiaire chez NTFP-EP Cambodia

A l’issue d’un Master 2 à l’Université de Perpignan, Quentin a choisi le Cambodge pour venir effectuer son stage de fin d’études. Décembre 2018 marque son retour en France après 8 mois de stage chez NTFP-EP Cambodia. Avant de partir, il a partagé avec nous son parcours, sa mission au sein de NTFP, et ce qu’il retient de cette première expérience de la solidarité et du volontariat international.

20/12/2018

Qui es-tu ?

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Quentin, 23 ans, j’ai grandi dans le sud de la France. Concernant mes études, j’ai fait un DUT, une licence Erasmus en Ecosse puis un Master en management spécialisé dans la protection du patrimoine naturel et culturel à l’Université de Perpignan.

  • Pour quelle(s) raison(s) as-tu décidé de faire cette mission au Cambodge ?

A part pour mon Erasmus, je n’ai jamais trop quitté le sud de la France. Du coup, pour mon stage de Master 2, j’avais envie de bouger ! Par le biais de France Volontaires, on m’a proposé plusieurs stages : un au Cambodge, un au Vietnam, et un en Côte d’Ivoire. La mission au Cambodge, liée à l’écotourisme et au patrimoine naturel, était la plus proche de mon Master et m’attirait donc beaucoup plus. Finalement le choix s’est fait assez rapidement et en un mois à peine j’arrivais au Cambodge.

La mission

  • Peux-tu nous parler un peu de NTFP ?

NTFP est une ONG basée en Asie, dont le siège social est situé aux Philippines et qui a plusieurs antennes : en Malaisie, en Inde et au Cambodge. Celle du Cambodge, qui a fêté ses 10 ans il y a quelques mois, a pour objectif général d’aider les communautés locales un peu reculées et dépendantes des ressources forestières. L’idée, c’est d’aider ces communautés à mieux gérer les ressources afin d’en tirer des bénéfices sans leur nuire. L’ONG fait surtout de la formation professionnelle et de la recherche stratégique. Elle travaille en partenariat avec NatureWild, une entreprise sociale chargée de commercialiser tous les produits issus des communautés, notamment le miel.

  • Quelle a été ta mission au sein de NTFP ? Quelles actions as-tu réalisées ?

NTFP Cambodge est la première antenne de NTFP à proposer un projet d’écotourisme. 6 communautés sont concernées par ce projet : 5 sont basées à Stung Treng (à la frontière entre le Laos et le Cambodge), et il y en a une autre vers Siem Reap. Celles de Stung Treng constituent le plus gros challenge puisqu’elles représentent un territoire beaucoup plus grand et des communautés plus importantes. C’est une région au fort potentiel écotouristique : il s’agit d’une zone humide protégée par l’UNESCO où l’on peut observer de nombreux oiseaux rares. Nous devions y préparer un tour organisé mais malheureusement nous cherchons encore les financements pour lancer ce projet.

Initialement, j’aurais dû être chargé de la communication autour de ce projet, mais au vu des ralentissements je me suis occupé du développement stratégique dans les communautés à la place : l’objectif est d’y développer des services d’assez bonne qualité afin de pouvoir accueillir des touristes, khmers ou étrangers, selon la cible visée. J’ai aussi élaboré une stratégie marketing, et ai contribué au travail préparatoire de planification. Aujourd’hui, il reste quelques questions importantes à régler, au niveau de la gestion des déchets ou encore du système de réservation.

Quentin en mission sur le terrain avec l’équipe de NTFP-EP Cambodia

  • Qu’est-ce que cette mission t’a apporté ?

J’ai beaucoup appris en matière d’écotourisme. J’avais fait des études dans le tourisme et la protection de l’environnement en général, mais je n’étais pas forcément très intéressé par l’écotourisme et je n’y connaissais pas grand-chose. Des travaux de recherche ont été réalisés par des consultants anglais pour NTFP avant que j’arrive, j’ai donc eu l’occasion d’apprendre énormément en lisant les résultats de leurs études.

  • As-tu rencontré des difficultés particulières (techniques, humaines…) ? Si oui, comment les as-tu surmontées ?

Je n’avais jamais travaillé dans le milieu des ONG et j’ai souvent été confronté à des problèmes liés au budget… C’est assez frustrant de planifier des actions mais de les annuler peu après par manque de fonds. Ainsi, le projet d’écotourisme est passé en second plan malheureusement, car c’est un projet qui demande du temps et de l’investissement. La priorité est donnée à la vente de miel, qui peut avoir des résultats à plus court-terme. J’ai donc appris à m’adapter, à rester flexible. Il faut toujours trouver des alternatives moins coûteuses.

J’ai aussi remarqué que tout prend beaucoup de temps. En arrivant, j’étais impatient de me lancer dans ma mission, de voir des résultats. En 4 mois de stage, j’ai été trop ambitieux ! Même si j’ai prolongé ma mission 4 mois de plus, j’ai dû revoir mes attentes à la baisse… Et apprendre à être plus patient !

L’interculturalité

  • Quelles sont les différences qui t’ont le plus marquées entre la France et le Cambodge ?

Le sourire des gens, déjà… Comme tous les étrangers qui arrivent au Cambodge, j’imagine [rires] ! L’ouverture et la gentillesse des Cambodgiens, encore plus quand on fait l’effort de parler un peu en khmer.

Que ce soit dans la vie quotidienne ou dans le travail, l’ambiance est beaucoup plus décontractée !

Et après ?

  • Est-ce que tes attentes ont été satisfaites ?

Malgré les petites frustrations dans le travail, c’était quand même une bonne expérience pour moi. C’était ma première expérience post-études, hors Europe, et cela m’a permis de me former dans l’écotourisme. Finalement, je pense continuer dans ce domaine-là puisque ce que j’ai appris m’a beaucoup intéressé ! Et il y a énormément de potentiel, que ce soit au Cambodge, dans le reste de l’Asie ou même en Europe.

  • Quels sont tes projets post-volontariat ?

Je rentre en France fin décembre et je vais chercher du travail… J’ai déjà commencé à postuler à quelques offres. Si je trouve une mission au Cambodge, je reviens ! Je préfèrerais repartir à l’étranger, en Asie du Sud-Est de préférence, mais je ne me ferme pas de porte : je reste ouvert aux opportunités.

  • Un mot de la fin ?

Je conseille vraiment à tout le monde de s’expatrier pour faire ce genre de missions, qu’il s’agisse d’un stage, d’une mission de volontariat… Il n’y a vraiment rien à perdre : au pire, si ça se passe mal, on peut toujours rentrer [rires] ! Dans le monde des ONG, on travaille sur des projets pour lesquels on a vraiment envie de s’impliquer. On prend du plaisir à travailler et à donner tout ce que l’on a.

Quand on part, on a souvent beaucoup d’à-priori : on peut croire qu’on va aller régler tous les problèmes qu’il y a dans le pays (ou du moins ceux que l’on croit qu’il y a…). On apprend vite à rester humble et réaliste dans la contribution que l’on peut réellement apporter. Et finalement il faut surtout considérer tout ce que l’ONG et le pays ont à nous apporter à nous. En fait, c’est toujours gagnant-gagnant. Cela ne peut être qu’une bonne expérience, toujours très enrichissante !

Quentin représente NTFP-EP Cambodia lors de la Journée du Volontariat Français en 2018 (en présence de Mme Eva Nguyen-Binh, Ambassadrice de France au Cambodge)