Safiata, volontaire en service civique dans un lycée agricole

Rencontre avec Safiata, volontaire burkinabè en mission de service civique auprès du lycée agricole de Toulouse-Auzeville.

06/05/2020

Qui es-tu ?

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je me nomme Safiata, je suis née et j’ai grandi à Dédougou dans la région de la Boucle de Boucle du Mouhoun au Burkina. J’ai 25 an, je suis titulaire d’un BEPC et un niveau de terminale en enseignement général. J’ai suivi une formation en apiculture en 2018 : théorique, pratique, animation et sensibilisation des organisations paysannes en français et en langues locale mooré et dioula. Et en début d’année 2019, j’étais en formation d’informatique avant de me lancer dans le volontariat.

Pour quelles raisons ce projet d’engagement en service civique ?

Ma motivation, le rêve de découvrir la France, mon envie de découvrir la culture et la vision  de l’autre car cela me permettra d’avoir une ouverture dans le monde, comment vivre en société avec des gens d’une autre culture dans le monde, mais aussi d’apprendre l’apiculture et la transformation du miel.

Quels objets as-tu apportés avec toi dans tes valises et pourquoi ?

En venant j’avais deux valises de 23 et 21 kg. Dans la première, j’avais mes habits, de la farine de maïs et de petit mil, des arachides, des cacahouètes en bouteille, du pain de singe, de la farine de niébé, et dans l’autre j’avais des instruments d’animation, du haricot, de l’attiéké, du bissap, du gombo du soumbala, de la poudre de soumbala, etc.

L’interculturalité

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée en France ?

Ma première impression c’est le développement du pays et ensuite l’organisation au niveau des moyens de transports.

Quelles sont les différences qui t’ont le plus marquée entre la France et ton pays ?

La différence qui m’a marquée entre la France et mon pays est le mode de vie (la solitude). Ici les gens prennent trop de temps sur le téléphone plutôt que de discuter avec son prochain dans les transports en commun. Ce qui m’a aussi marquée est la manière d’accueillir et intégrer l’étranger,  la nourriture, les moyen de déplacements.

La mission

Quelles sont tes missions au quotidien ?

Je suis animatrice du foyer des élèves tous les lundi, mercredi et jeudi de 12h30 à19h, et je m’occupe du jardin du lycée aussi quand les élèves sont en cours. Dans le foyer, je fais un cours de danse burkinabè et de musique avec la calebasse gita qui est un instrument de musique traditionnel burkinabè. Je joue aux jeux de monde avec les élèves, je passe souvent dans les classes pour des témoignages culturels du Burkina, je fais des sorties culturelles avec les élèves dans les après-midis et de cinéma dans les soirées. Le mardi et le mercredi, je suis à l’exploitation du lycée où je fais de l’apiculture et de la transformation du miel, et je participe souvent aux rencontres pour les animations.

Comment as-tu réussi à t’adapter à la crise sanitaire et que fais-tu aujourd’hui pour rester utile ?

Pendant ce temps de crise, vu qu’on est trois dans l’appartement, on n’a pas de télé ni de radio mais on s’informe grâce a nos téléphones portables. On ne s’ennuie pas trop. Mais pour être utile, on travaille sur le jardin du lycée et l’exploitation au niveau de la miellerie.

Quelles sont les compétences que tu as développées avec cette mission ?

J’ai développé des compétences au niveau de l’apiculture, de l’animation, du jardinage et du vivre-ensemble avec des gens d’une autre culture.

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées (techniques, humaines, intellectuelles etc.) ?

Mes difficultés ont été au niveau de l’intégration avec les élèves, la nostalgie de la famille et des amis qui m’a attristée.

En tant que volontaire en service civique, quelles sont selon toi les trois qualités essentielles pour devenir volontaire ?

En tant que volontaire en service civique, je dirai que pour devenir volontaire il faut d’abord être motivé, ensuite éveillé et enfin être dynamique.

Si tu devais promouvoir le volontariat solidaire à l’international en une phrase…

Je dirai qu’on accomplit davantage l’exploit d’un monde en allant à sa découverte (dans une certaine dynamique) et se mettant à son service.

La réciprocité

Que penses-tu retenir de ton expérience de retour dans ton pays ?

Mon expérience en France m’aura permis de mieux collaborer avec la diversité socioculturelle, d’avoir plus confiance en moi et de faire face à des difficultés, et aussi de prendre des initiatives pour contribuer au développement de ma communauté, valoriser la filière apicole.

Comment penses-tu valoriser ton expérience ?

Je pense valoriser mon expérience en stage auprès de l’ONG WEND PUIRE à Koudougou.

Et après ?

Quels sont tes projets après ce volontariat ?

Mes projets après mon volontariat est un projet d’élevage de bovin combiné avec