Salomé, VSI engagée en faveur de l’accès à l’eau dans les quartiers précaires d’Abidjan

Envoyée par la Guilde Européenne du Raid, Salomé s’est investie durant 2 ans auprès de l’ONG Eau et Vie qui œuvre au développement de conditions de vie décentes dans des quartiers précaires urbains. Retour sur 24 mois riches en expériences !

02/09/2021

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

Je suis Salomé, je suis originaire de Lille, dans le nord de la France. J’ai toujours travaillé dans l’associatif et la coopération internationale en France et à l’étranger. Avant de venir en Côte d’Ivoire, j’ai vécu en Irlande, au Pérou, en Égypte et au Maroc. Avant cette expérience, j’ai travaillé sur de la gestion de projets en lien avec l’éducation et la formation.

Pourquoi as-tu voulu faire un volontariat à l’international ?

Au retour de ma mission à Oujda, au Maroc, je ne voulais pas me réinstaller en France et je souhaitais avoir une nouvelle expérience à l’international. Pendant 2 mois, j’ai donc cherché des opportunités de VSI un peu partout dans le monde en me focalisant sur les thématiques et les missions proposées. C’est donc pendant ces recherches que j’ai découvert Eau et Vie et son modèle innovant d’accès à l’eau dans les quartiers précaires, à Yopougon. La mission proposée par Eau et Vie était, au départ, axée sur la recherche de fonds et la gestion des partenariats locaux. L’opportunité de développer ces compétences, au service d’un projet social d’inclusion urbaine des quartiers précaires, m’a très vite emballée.

Quelles ont été tes missions en tant que volontaire ?

Eau et Vie est une association française qui a été fondée en 2008 et dont l’objectif et de faire bénéficier les habitants des quartiers précaires de conditions de vie décentes, via l’accès à l’eau et aux services essentiels. Dès 2008, Eau et Vie a développé son modèle aux Philippines avant de se déployer au Bangladesh en 2010, puis en Côte d’Ivoire en 2015.

Ma mission au sein d’Eau et Vie Côte d’Ivoire a évolué au fil du temps. Dans un premier temps, j’ai fait énormément de prospection de partenaires potentiels et de recherche de fonds pour financer les activités de l’ONG et j’ai travaillé à la révision et l’amélioration des supports de communication locaux. Par la suite, mes missions sont devenues plus opérationnelles et j’ai pu prendre en charge le management de deux staffs locaux. J’ai donc été impliquée dans le développement des activités de sensibilisation à l’hygiène, de formation à la lutte incendie et de renforcement communautaire localement tout en contribuant à la réflexion sur ces sujets au niveau du siège d’Eau et Vie.

Quelles ont été tes premières impressions à ton arrivée (mal du pays ? intégration ? autres …)

La Côte d’Ivoire n’a pas été mon premier pays d’expatriation, je savais donc qu’il allait me falloir un temps d’adaptation avant de me sentir véritablement à l’aise. Finalement, j’ai trouvé l’intégration plutôt facile. Mes collègues ont été très accueillants et l’ambiance quotidienne au sein de l’équipe était vraiment agréable et enthousiasmante. Rencontrer et échanger avec des ivoiriens est relativement facile que ce soit à Abidjan ou dans d’autres régions du pays. La difficulté principale a surtout été de m’habituer aux embouteillages quotidiens pour aller à Yopougon !

Abidjan étant une mégalopole plutôt cosmopolite, il est facile de trouver des produits français si un manque se fait sentir. Je n’ai donc pas ressenti de manque du pays mis à part pendant la période de crise sanitaire qui était incertaine.

Qu’est-ce que t’as apporté ta mission sur les plans personnel et professionnel ?

Cette mission a été extrêmement riche à tous points de vue ! Professionnellement, j’ai beaucoup appris et je suis reconnaissante de la confiance qui m’a été témoignée pour endosser des responsabilités nouvelles. Personnellement, j’ai aussi beaucoup appris et grandi au contact d’une équipe soudée et motivée pour la réussite du projet. J’ai beaucoup apprécié de découvrir la richesse culturelle ivoirienne à travers les activités de la vie quotidienne mais également lors de voyages à l’intérieur du pays.

Est-ce que tu as connu des difficultés ?

Ma mission a été marquée par des moments difficiles tels que la crise sanitaire Covid-19 et les élections présidentielles d’octobre 2020. Ces périodes d’incertitude n’ont pas toujours été simples à appréhender même si Eau et Vie a su prendre les bonnes décisions pour me protéger ainsi que le reste de l’équipe. Enfin, le programme d’Eau et Vie a connu des difficultés qui ont eu un impact sur l’équipe et il a parfois été difficile de faire face à cela tout en restant motivée. Aujourd’hui, avec le recul, je vois ces moments difficiles comme des opportunités d’apprentissage.

Qu’est-ce que France Volontaires t’a apporté ou peut apporter aux volontaires ?

Grâce à l’organisation d’événements pour et par les volontaires, France Volontaires leur permet de se rencontrer et de partager leurs expériences entre pairs. Cela fait parfois du bien de pouvoir échanger avec d’autres personnes qui vivent une expérience similaire et de partager des conseils. Personnellement, j’ai aussi pu bénéficier des cours de dioula organisés à l’Espace Volontariats. Ces cours mêlant apprentissage linguistique et culturel étaient vraiment intéressants, enrichissants et utiles pour communiquer dans les zones d’intervention d’Eau et Vie.

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Après cette mission, je vais rentrer en France pour voir mes proches et faire une petite pause et, ensuite, j’aimerais trouver une nouvelle mission en Côte d’Ivoire ou ailleurs en Afrique pour développer mes compétences opérationnelles sur un projet de développement. Je suis en pleine recherche.

Des conseils pour les futurs volontaires ?

Mon conseil serait de se donner le temps pour s’adapter au contexte lorsque l’on arrive dans un nouveau pays. Il ne faut pas hésiter à poser des questions aux locaux lorsqu’il y a des incompréhensions dans la vie personnelle ou professionnelle, ce sont des choses qui arrivent lorsque l’on vit à l’étranger. Il faut aussi se préparer à vivre des difficultés pour trouver un logement ou pour faire des choses de la vie quotidienne. Même si sur le moment ça parait insurmontable, il y a toujours une solution et il ne faut pas hésiter à en parler à sa structure d’accueil et/ou d’envoi, à France Volontaires et à d’autres volontaires sur place. Un volontariat international, c’est aussi parfois une expérience de lâcher prise !