Sambassa, volontaire en service civique à Rennes dans le cadre de la Saison Africa2020

Sambassa a 23 ans, il est guinéen, volontaire en service civique et passionné de culture ! Il met toute sa débordante énergie au service du Théâtre National de Bretagne à Rennes. Découvrez son témoignage en vidéo et à l'écrit.

23/07/2021

Témoignage vidéo

Présentation

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Je m’appelle Sambassa Sylla, j’ai 23 ans, je viens de Guinée. Je suis étudiant en journalisme et passionné de cultures.

Mon parcours dans le domaine culturel a commencé en 2017 en tant que bénévole pour le festival ‘’Univers des Mots’’ organisé par La Muse. J’ai ensuite été stagiaire à la radio Nostalgie Guinée et pigiste chez actu-elles.info.

Je suis retourné plus tard à la Muse en tant que stagiaire assistant en communication.

Ta mission

Peux-tu présenter ta structure d’envoi ?

La Muse est une association culturelle qui organise le festival ‘’Univers des Mots’’. Ce dernier promeut les artistes à travers leurs œuvres mais aussi contribue à l’éducation de la jeunesse guinéenne à travers la culture.

J’ai commencé à collaborer avec la Muse en tant que bénévole pour les éditions 2017 et 2019 du festival ‘’Univers des Mots’’.

Entre ces deux bénévolats, j’ai été stagiaire puis employé comme assistant de communication chez eux. Je ne travaille plus avec eux depuis mon arrivée en France mais nous collaborerons ensemble pour la prochaine édition d’’’Univers des Mots’’ qui se tiendra mi-octobre.

Peux-tu nous parler de ta structure d’accueil ?

Le Théâtre National de Bretagne (TNB) fait partie des Centres Dramatiques Nationaux. Il est situé à Rennes. C’est un lieu de création et de résidence artistique disposant de salles de théâtre, de cinéma et d’une école supérieure d’art dramatique.

Sa mission est articulée autour de la création, la diffusion et la formation, et s’exerce au niveau régional, national et international.

En 2002, il a accédé au statut de centre européen de production théâtrale et chorégraphique.

Le TNB, théâtre et école, est dirigé par Arthur Nauzyciel depuis septembre 2018.

Quel est -ou quels sont- les projets de ta structure d’accueil dans le cadre de la Saison Africa2020 ?

Le TNB devait accueillir des conférences, des ateliers de théâtre et de danse, dont les plus marquants sont Incendios de Wajdi Mouawad et Put your heart under your feet and walk de Steven Cohen.

Le covid impacte-t-il la programmation et les projets généraux de ta structure d’accueil ? Si oui de quelle sorte, et comment rebondit la structure ?

Oui le covid impacte beaucoup la programmation du TNB. Les temps forts d’Africa2020 prévus en mars ont été reportés en juillet en espérant que les salles rouvrent d’ici là.

Mais le TNB se réinvente et s’adapte. Il propose des contenus diffusés en ligne. Certaines programmations prévues sont ainsi disponibles sur leur site internet. Des représentations ont été ouvertes exceptionnellement aux étudiants en Arts du spectacle de l’université de Rennes. Par ailleurs le TNB a mis en place un dispositif disponible sur inscription qui permet aux étudiants de venir travailler dans ses locaux, d’avoir un bureau, du wifi, du café ou du thé. D’autres activités sont organisées hors les murs avec des écoles partenaires.

Dans ce contexte, quelles sont tes missions au sein de ta structure d’accueil ?

Je travaille beaucoup plus avec les élèves de l’école supérieure d’art dramatique du TNB. Avec eux, je participe aux ateliers qu’ils font avec des metteurs en scène, des auteurs et des performeurs.

J’acquiers aussi des compétences plus techniques, telles que l’apprentissage du logiciel ORFEO, Excel, la photographie, l’écriture de critiques théâtrales. J’apprends aussi à aiguiser ma connaissance du théâtre et à affûter ma plume.

Qu’est-ce que selon toi ta présence apporte à ta structure ?

J’apporte un petit appui dans l’administration du théâtre. Je partage avec les équipes un regard nouveau, extérieur et pas forcément professionnel sur le théâtre mais aussi une volonté de diversifier le public.

Ce temps passé dans ta structure d’accueil te permet-il de mieux connaître certaines facettes du métier ?

Oui, je découvre des métiers que je ne connaissais pas auparavant. Les métiers de l’administration théâtral, le métier d’éclairagiste, l’ingénierie du son et de la lumière, le métier d’ouvreur.se par exemple.

Quelles sont les compétences que tu acquiers en ce moment dans ta mission, et qui te semblent importantes pour tes projets futurs ou pour la vie en général ?

J’acquiers diverses compétences, notamment l’administration du théâtre, ou l’usage du logiciel ORFEO qui permet la collecte des contacts et la diffusion de mails collectifs. Je développe aussi un plus grand sens de l’écoute et de l’analyse, un réseau professionnel et d’amis aussi.

Est-ce qu’à travers tes missions ou à travers les échanges avec les autres volontaires, tu apprends des choses nouvelles sur des contextes africains ?

J’ai appris des choses nouvelles sur les courants de pensées et les démarches artistiques en Afrique, mais plutôt grâce à des connaissances rencontrées hors mission.

Que signifie le volontariat pour toi ? Quelles ont été tes motivations pour partir en tant que volontaire ?

Le volontariat, c’est donner de soi, de son temps et de sa compétence, et aussi apprendre, découvrir, partager, vivre. Ma plus grande motivation reste l’envie de découvrir ce qui se fait ailleurs.

Ton expérience en France

Et sinon, parle-nous de la ville dans laquelle tu habites.

Rennes est une ville estudiantine en Bretagne. Elle est assez grande et plutôt cosmopolite. On y fait beaucoup de vélo.

La ville est traversée du nord au sud par un fleuve, la Vilaine, le long duquel les habitants aiment se poser en fin de journée ou le weekend, pour se retrouver entre amis ou en famille, pour boire des bières et décompresser.

Le vieux Rennes est très beau avec ses maisons en colombages, ses rues piétonnes et ses noms de rues en français et en breton. La ville dispose de parcs publics (Le Thabor, la plaine de Baud, les prairies Saint-Martin), d’une grande bibliothèque et de places très connues et appréciées des Bretons, dont la Place de la Mairie, la Place des Lices et les Champs Libres.

Comment s’est passée ton installation en France ? Quelles ont été tes premières impressions ?

Mon installation s’est plutôt bien passée. C’était un peu déroutant au début de ne connaître personne, de ne pas avoir de repères. Mais ce dépaysement est tout aussi bénéfique pour moi. Cela me permet de partir de rien pour tisser mon propre réseau.

Je ne m’attendais pas à avoir si froid. Je savais qu’il faisait froid mais pas à ce point.

Ma plus grande surprise reste le temps. Au début les jours étaient trop courts et maintenant ils sont très longs !

En tant que Noir, je m’étais préparé à subir du racisme. J’ai eu raison. Je ne m’y habitue pas mais je ressens moins la frustration parce que je savais déjà à quoi m’attendre.

J’ai été surpris par l’existence de la solidarité aussi. Beaucoup de personnes m’ont aidé d’une manière ou d’une autre : retrouver mon chemin, porter des bagages, proposer des sorties pour me montrer la ville etc.

Qu’est-ce qui te plait dans ta vie en France ?

J’aime le fait d’avoir ma vie en main, de ne dépendre que de moi-même et d’être responsable des décisions que je prends. Je prends conscience de mon statut d’adulte et c’est un nouveau quotidien auquel je m’habitue. J’aime aussi mes interactions avec les autres, en français. Je redécouvre la langue et la manie mieux.

Qu’est-ce que tu as amené dans ta valise et qu’aujourd’hui tu es particulièrement heureux d’avoir avec toi ?

J’ai amené des mangues séchées, des graines de néré moulues et des billets de banques de mon pays !

Et après le volontariat ?

Et enfin, est-ce que tu as une petite idée de ce que tu aimerais faire après ton volontariat ?

J’ai beaucoup de choses à réaliser. Éditer ma pièce de théâtre, ouvrir un centre culturel à Kindia, monter un projet de radio agricole, la première de mon pays. Mais le plus immédiat serait de reprendre les études.

En savoir plus :

Le programme de volontariat de la Saison Africa2020 :

Dans le cadre de la Saison Africa2020 et grâce à une coopération inédite entre France Volontaires, l’Institut français, l’Agence française de développement (AFD) et l’Agence du service civique, onze jeunes venus de différents pays d’Afrique réalisent une mission de service civique auprès d’établissements culturels, acteurs de la Saison Africa2020, aux quatre coins de la France.

Notre rubrique sur le programme de volontariat Africa2020