Stéphane, en service civique dans le domaine de l'agro-écologie au Bénin

Au Bénin, Stéphane est engagé comme volontaire en service civique dans le cadre de la coopération décentralisée entre la communauté d’agglomération de l’espace sud de Martinique et l’Association des Communes de l’Atlantique et du Littoral.

02/12/2021

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours ?

 Je m’appelle Stéphane Véronique, j’ai 24 ans et je suis originaire de Vauclin, une petite ville de l’île de la Martinique. Fils d’agriculteur, mon dernier diplôme est une licence en agriculture biologique et conseils au développement. J’ai pour projet professionnel de reprendre l’exploitation familiale.

Pourquoi avoir choisi le volontariat ? Quelles étaient tes motivations ?

 Jusqu’en décembre 2020, je travaillais pour la DAAF (Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). En janvier 2021, j’ai donc cherché à débuter une nouvelle expérience. Quand j’ai appris qu’il était possible de réaliser un service civique international au Bénin, j’ai tout de suite été intéressé. Ce fut trois pierres d’un coup. La première, c’est que j’étais libre et que je n’avais jamais effectué un contrat en service civique. La deuxième, c’est qu’il s’agissait d’une mission dans l’agriculture, une branche qui m’intéresse fortement. La troisième, c’est que la mission se déroulait en Afrique, au Bénin, puisque depuis petit, j’ai toujours rêvé d’aller visiter un pays d’Afrique.

Peux-tu nous présenter ta structure d’accueil ?

 Ma structure d’accueil est un ensemble de 6 fermes agro-écologique qui se sont regroupées au sein d’une association : Les Jardins de l’Espoir. Ces fermes s’entraident afin de se partager des techniques et des expériences afin de faire progresser l’agriculture au Bénin, et plus largement en Afrique.

Tu nous parles de ta mission ?

Parmi les 6 exploitations, je reste principalement sur la ferme expérimentale des Jardins de l’Espoir. Ma mission consiste à l’entretien des parcelles de l’exploitation : désherbage, ménage, arrosage et récolte. Je dois également nourrir les animaux, les lapins et les volailles.  

Quelles ont été tes impressions au Bénin ?

 Je suis arrivé au Bénin à 23h et j’ai été impressionné par l’efficacité de l’organisation à l’aéroport de Cotonou concernant les mesures liées à la Covid-19, à savoir la réalisation d’un test PCR. Ensuite, avec l’équipe de France Volontaires et les 5 autres volontaires de Martinique, nous sommes allés dans un restaurant et j’ai trouvé l’accueil fabuleux. J’ai vu de nombreuses boutiques ouvertes sur le trajet menant de l’aéroport au restaurant alors qu’il était aux alentours de minuit, durant le week-end. Ça m’a beaucoup marqué et j’ai constaté que les béninois travaillent beaucoup.

J’ai beaucoup apprécié le contact avec les béninois. J’ai eu l’opportunité de participer à un bootcamp, une semaine de camping avec des personnes intéressées par l’agriculture. J’ai pu rencontrer des béninois provenant de l’ensemble du pays et des personnes résidant de d’autres pays.

J’ai également observé que de nombreux endroits n’étaient pas propres et pollués. On m’a expliqué que c’était pire avant, et qu’aujourd’hui, la situation s’est améliorée. Il faut également savoir qu’on observe des personnes jeter des bouteilles en plastique dans la rue, ce qui m’a négativement marqué.

J’ai été marqué par le fait qu’on m’appelle « yovo » ce qui signifie blanc, alors que je ne me sens pas blanc en tant que martiniquais. J’ai pu en discuter avec des béninois afin d’expliquer mon ressenti et de comprendre leur point de vue.

En résumé, j’apprécie beaucoup le Bénin, je m’y sens comme chez moi.

Qu’est-ce que cette expérience de volontariat t’a apporté ?

J’ai appris à planter de nouvelles culturelles et à utiliser de nouvelles techniques. Mais ce que j’ai le plus appris, c’est l’humilité. Par exemple, dans la ferme où je suis volontaire, nous mangeons dans la même assiette. Ce qui m’a donné une expérience d’amour, de partage et d’humilité.

Quels sont tes projets post-volontariat ?

Mon projet après le volontariat est d’officiellement reprendre l’exploitation familiale et de la développer. Au Bénin, j’ai découvert l’importance de certaines techniques utilisées en Martinique que je sous-estimais : le compost, la valorisation de toutes les matières végétales et le recyclage de certains matériaux comme les bouteilles.

Un conseil aux futurs volontaires ?

Il faut venir comme tu es, sans appréhension. Ce sont souvent les appréhensions qui nous mettent des barrières qui nous bloquent. Par exemple, avant mon départ, j’ai évité de regarder des vidéos de présentation du Bénin ou de faire des recherches afin de vivre ma propre expérience. Afin de partager mon aventure au Bénin avec mon entourage, j’ai publié des vidéos et des photos sur mes réseaux sociaux. Et comme je l’ai souvent dit dans ces vidéos, il s’agit de mon histoire et venez vivre votre propre histoire.

Il faut également se préparer mentalement et vivre à fond l’expérience, sans trop réfléchir, en essayant de sortir de sa zone de confort et de chez soi. Il faut aller à la rencontre des autres, sans avoir peur et de s’ouvrir au monde. S’ouvrir au monde c’est la porte de la connaissance.

Les Jardins de l’Espoir